Burn-out, bore-out : des tabous à briser

L'équipe PRISMOQuête de sens et bien-être2 Comments

[BLOG PRISMO – Article #03]
Le poids croissant du burn-out et du bore-out

Le monde professionnel est un environnement à double tranchant : s’il comble certains quotidiennement, d’autres souffrent du travail qu’ils effectuent tous les jours. Certains termes sont même apparus récemment : burn-out, bore-out. Que décrivent-ils exactement ? Explications.

Le syndrome d’épuisement professionnel, ou burn-out

On parle de burn-out quand un travailleur, submergé par le travail, présente trois caractéristiques principales : un épuisement émotionnel, une dépersonnalisation (qui se traduit par un fort cynisme, une vision négative des choses, une grande insensibilité…), et un non-accomplissement professionnel et par extension, personnel (dû à une insatisfaction, voire une déception, de ses performances au travail). À l’heure actuelle, quelque 30 000 travailleurs français en souffrent, selon une étude de Santé Publique France portant sur la période 2007-2012.

Crédit : Glenn Carstens Peters (Unsplash)

Les symptômes du burn-out

Les personnes souffrant de burn-out ressentent généralement tout ou partie de ces symptômes :

  • Une impression de ne pas faire son travail correctement, qui mène à une dévalorisation de son travail et s’accompagne d’un sentiment d’échec et d’incompétence
  • Une perte d’estime de soi et de confiance en soi
  • Une sensation que son travail n’est ni valorisé, ni valorisant, qui induit une perte d’investissement et une démotivation, car le travailleur remet en cause son métier et finit par ne plus croire en celui-ci
  • Une sensation de vide
  • Un sentiment d’impuissance

Les manifestations du burn-out

Une personne souffrant de burn-out présentera plusieurs signes :

  • Une baisse de la qualité du travail fourni, due à une difficulté croissante à le faire correctement, même les tâches les plus simples
  • Un manque de concentration
  • Une forte indécision, une confusion
  • De la fatigue et des troubles du sommeil
  • Un repli sur soi, un isolement
  • Une irritabilité, de l’agressivité

Crédit : Jeremy Perkins (Unsplash)

 

Les personnes touchées par le burn-out

Les principales professions concernées par le burn-out sont celles qui tournent autour du bien-être des autres : le médical, le social et l’enseignement sont ainsi les domaines les plus touchés, du fait de la pression inhérente à ces métiers.

Profession mise à part, les personnes les plus susceptibles de faire un burn-out sont celles qui font preuve d’une grande conscience professionnelle et se montrent perfectionnistes, exigeantes, dévouées et investies dans leur travail, réticentes à l’idée de déléguer et motivées par un besoin de reconnaissance. Cela les poussera à en faire toujours plus, faisant passer leur travail avant tout le reste, en ayant toujours le sentiment de ne pas en faire assez. Le burn-out s’installera alors petit à petit : en effet, ce n’est pas un phénomène soudain, ce qui fait que bon nombre de personnes en souffrent sans en avoir conscience, et mettent du temps à se rendre compte de la situation.

La situation inverse n’est cependant pas plus souhaitable : le bore-out est un phénomène tout aussi nuisible pour les travailleurs.

 

Le syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui, ou bore-out

Le terme bore-out désigne un ennui profond au travail, subi par des personnes qui passent parfois des journées entières à ne rien faire car on ne leur confie pas assez de tâches à effectuer. Un manque de travail déploré par ⅓ de la population européenne selon une étude de StepStone, qui montre aussi que 32 % des européens passent au moins 2 heures par jour à ne rien faire au travail, faute de missions à réaliser ou de tâches à accomplir. Cette absence de stimulation intellectuelle résulte en un épuisement psychologique et émotionnel, pouvant avoir de graves conséquences.

Les symptômes du bore-out

  • Remise en question personnelle, baisse de l’estime de soi et de la confiance en soi
  • Dévalorisation de soi et de son travail, voire honte de soi
  • Sentiment d’inutilité
  • Sentiment de culpabilité
  • Démotivation pour le peu de tâches à effectuer
  • Isolement
  • Anxiété
  • Tristesse

Crédit : rawpixel.com (Unsplash)

Une situation dont il est difficile de s’extirper

La difficulté supplémentaire qui s’impose au travailleur qui souffre de bore-out, c’est le tabou qui entoure ce sujet : comment dire à son employeur qu’on s’ennuie au travail sans passer pour un employé fainéant et improductif ? Il est encore mal perçu de se plaindre de ne pas avoir assez de travail, surtout en comparaison avec le burn-out : vis-à-vis de ce dernier, le bore-out peut manquer de légitimité aux yeux de son entourage.

Bien sûr, souvent, la meilleure solution reste encore de chercher un autre emploi ; cependant, dans une économie en crise, où le taux de chômage avoisine les 10 % depuis une trentaine d’années, beaucoup préfèrent conserver leur poste plutôt que de risquer le chômage.

Le travailleur s’enlise alors dans une situation qu’il ne contrôle pas et lui nuit sur les plans psychologique et émotionnel. C’est pourquoi il est essentiel de savoir repérer et prévenir les cas de burn-out et de bore-out.

 

Prévenir les risques de burn-out et de bore-out

Pour limiter les risques de burn-out sur son lieu de travail, que l’on soit employeur ou employé, il faut être conscient des situations à risque afin d’être capable de les éviter.

Les causes du burn-out

Le stress est la première cause de burn-out. Les facteurs de risque sont ainsi pour beaucoup également des facteurs de stress :

  • Surcharge de travail
  • Délais courts à respecter
  • Faible contrôle sur son travail
  • Manque d’équité sur le lieu de travail
  • Conflits avec ses collègues ou la hiérarchie
  • Peu de récompenses et de reconnaissance du travail
  • Manque de clarté dans les objectifs à atteindre et les moyens à utiliser
  • Peu de soutien et de communication avec les collègues et/ou les supérieurs

Les causes du bore-out

L’ennui au travail est souvent dû au métier en lui-même, qui ne satisfait pas le travailleur en raison de plusieurs facteurs :

  • Mise à l’écart volontaire d’un salarié pour éviter de le licencier
  • Attribution d’un poste à un employé surqualifié, là aussi, pour éviter de le licencier
  • Division des tâches trop poussée, qui amène à une création injustifiée d’emplois ne répondant pas à un besoin précis
  • Absence de stimulation inhérente au poste occupé
  • Occupation d’un poste par besoin ou dépit, et non par réels intérêt ou envie.

Quelles mesures prendre ?

Pour éviter le burn-out et le bore-out, il est important que les employeurs organisent et départagent le travail de façon équitable et raisonnable entre les employés. Il est également bon de mettre en place des groupes d’échange pour limiter les risques d’isolement et de repli sur soi, et favoriser le dialogue en cas de problème. Enfin, un patron peut également faire passer de temps en temps des questionnaires à ses employés pour évaluer leur bien-être général. Plusieurs outils existent à cette fin, les principaux étant les FRPS, des fiches qui visent à déterminer les risques psychosociaux encourus par les personnes concernées. Certaines évaluent le niveau de stress (le questionnaire sur le stress sur le lieu de travail, ou l’Echelle de stress perçu, par exemple), d’autres le risque d’être en burn-out (comme le Maslach Burnout Inventory et le Copenhagen Burnout Inventory), et d’autres encore le déséquilibre “efforts/récompenses” (questionnaire de Siegrist) ou le niveau d’addiction au travail (Dutch Work Addiction Scale).

Crédit : Bryan Minear (Unsplash)

Le stress est souvent un élément inhérent au travail, et peut causer d’importants problèmes de santé. C’est pourquoi il est essentiel d’en avoir conscience et de se montrer vigilant, tant envers soi-même qu’envers ses collègues ou ses employés, afin de réagir aux premiers signes de mal-être. Surtout à une époque où une nouvelle maladie du travail commence à faire parler d’elle : le brown-out. Ce phénomène décrit une profonde opposition entre éthique personnelle et travail accompli : la participation d’un employé à des idéaux qui ne sont pas les siens, voire qui y sont opposés. Cela pose un problème moral aux travailleurs, qui en viennent à ne plus supporter leur emploi. Les risques liés à un emploi qui ne nous correspond pas sont donc nombreux : cela fait ressortir l’importance de bien choisir sa voie lorsqu’on commence ses études, et d’éviter les erreurs les plus courantes.

Pour aller plus loin :

Sources :

2 Comments on “Burn-out, bore-out : des tabous à briser”

  1. merci pour votre article passionnant. Je vis moi même un véritable BORE OUT depuis environ une année au bureau et j’avoue que c’est très difficile à gérer. J’ai l’impression d’être inutile. De ne plus savoir rien faire. Je me sens de plus en plus isolée … les journées sont longues … j’arrive le matin en ayant hâte d’être au soir, et commence le lundi en ayant hâte d’être au vendredi … c’est horrible. Je ne sais pas comment m’en sortir. Ma hiérarchie se soucie nullement de se que je peux ressentir … il n’y a plus aucune solidarité au sein de mon service … c’est l’enfer !

    1. Bonjour Sandrine,

      Merci pour votre commentaire. Nous comprenons malheureusement que trop cette problématique du bore-out que trop de professionnels vivent aujourd’hui.

      Si aucune communication n’est possible sur votre lieu de travail ou au sein de votre environnement professionnel, nous vous invitons à faire en sorte de développer des activités annexes dans votre sphère personnelle. Ainsi, vous aurez d’autres moyens de vous émanciper.

      Courage à vous !

      L’équipe PRISMO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.