[Réorientation] Épisode 02 : Le portrait de Coralie

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[BLOG PRISMO – Dossier Réorientation • Portrait #02]
Coralie : Une volonté de concret dans les études

 

Après avoir interviewé dix étudiants pour la rédaction de deux articles (Orientation : comment trouver sa voie et Orientation : les erreurs à éviter), nous avons décidé de partager avec vous l’histoire de trois d’entre eux. Nous vous présentons aujourd’hui Coralie, 22 ans, qui expérimentera dans un an sa troisième réorientation.

 

PRISMO : Quel bac as-tu passé ?

Coralie : J’ai passé un bac L spécialité Anglais renforcé, avec option Grec ancien.

 

P : Quelles études as-tu suivies ensuite ?

C : J’ai fait une Licence de Lettres Classiques à l’Université Jean Moulin Lyon 3.

 

P : Pourquoi cette licence ?

C : Je pensais que ça me plairait, j’avais déjà fait du grec au lycée et j’avais trouvé ça intéressant. Par ailleurs je n’avais pas connaissance de filières autres que prépa ou fac, donc mon choix s’est fait relativement rapidement.

 

P : Dans quelle filière t’es-tu engagée par la suite ?

C : Après les lettres, j’ai suivi une Licence LLCE (Langues, Littératures et Civilisations Étrangères) d’anglais pendant deux ans, toujours à Lyon 3, que je compte arrêter aussi.

 

P : Pourquoi envisager une troisième réorientation ? Qu’est-ce qui ne t’a précisément pas plu dans ces deux licences ?

C : J’avais l’impression de ne rien faire de concret à chaque fois, rien qui ne soit en lien avec les métiers que j’envisageais à ce moment-là. J’ai de plus eu affaire à des professeurs assez cassants lors de ma première licence, qui m’ont découragée de poursuivre dans cette voie.

 

P : Et que prévois-tu de faire maintenant ?

C : Aujourd’hui, je quitte les facs de lettres et de langues pour me tourner vers l’animation professionnelle, qui est accessible avec plusieurs diplômes. C’est une voie qui correspond enfin à ce que je recherchais, même si je n’en avais pas forcément conscience au départ. Il me reste néanmoins à choisir le diplôme qui me conviendra le mieux.

 

P : Qu’est-ce qui t’a permis de prendre conscience que ces études ne te convenaient pas et que tu devais opter pour une réorientation vers quelque chose de différent ?

C : Au cours de ma deuxième licence, j’ai fait un service civique : c’est grâce à cette expérience que j’ai pris conscience que je m’épanouissais bien plus en faisant des choses réelles, du concret ! Pendant neuf mois, j’ai été “Ambassadrice du Livre” pour l’AFEV, l’Association de la Fondation Étudiante pour la Ville, et mon rôle a été de gérer et d’animer une bibliothèque scolaire dans un REP, un réseau d’éducation prioritaire (ex-ZEP). Je m’occupais de la gestion des stocks de livres et j’organisais des activités pour les enfants. À l’issue de ce service civique, l’école m’a engagée comme animatrice, un poste que j’occupe depuis onze mois maintenant.

 

P : Et comment t’es-tu tournée vers l’animation professionnelle en particulier ?

C : C’est surtout un coup de chance : l’un de mes collègues à l’école suit des études dans ce domaine-là, et c’est lui qui m’en a parlé et m’a permis de m’y intéresser. C’est comme ça que j’ai pu voir, en faisant des recherches sur Internet, qu’il existait deux diplômes correspondant à ce que je souhaite faire : le DEUST (Diplôme d’Études Universitaires Scientifiques et Techniques), un diplôme de niveau bac+2, que mon collègue suit ; et un BPJEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport), de niveau bac. Le Brevet Professionnel me donnerait accès à des postes dans l’animation et la direction, tandis que le DEUST me permettrait, en plus, d’accéder à des postes dans la coordination. Ce qui me freine malgré tout vis-à-vis de ce diplôme, c’est que les postes de coordination qu’il permet d’atteindre sont des postes de bureau. Or, si j’en ai eu assez des études, c’était justement parce que travailler derrière un bureau n’avait rien de concret à mes yeux, donc rien d’attirant ; alors je ne suis pas sûre que le DEUST m’apporte vraiment plus qu’un BPJEPS.

 

P : Comment penses-tu t’y prendre pour te décider entre les deux diplômes ? Comptes-tu rencontrer des professeurs, des étudiants, des professionnels ?

C : En fait je compte aller encore plus loin, en interrompant mes études pendant un an pour travailler dans l’animation, en cumulant mon travail actuel à l’école, et un autre en tant qu’animatrice également, mais dans un centre de loisirs. De cette façon, j’aurai le temps de réfléchir à ce qui me conviendrait le mieux, d’avoir un nouveau point de vue en comparant deux métiers du même milieu, et suffisamment d’expérience pour pouvoir être prise dans les diplômes que je vise. En effet, quel que soit mon choix de réorientation, je ne serai prise que si j’ai l’expérience professionnelle nécessaire, donc cette année de césure est un passage obligatoire avant d’aller plus loin.

 

Dans la cadre de sa réorientation, Coralie a recherché une filière qui lui apportera plus de concret !

P : Tu mets beaucoup en avant le concret de l’animation professionnelle. De quoi s’agit-il exactement ? Peux-tu nous donner plus de détails ?

C : Un animateur professionnel monte des projets d’animation pour répondre à des objectifs définis par ses employeurs. Il peut s’agir d’activités touristiques, sportives…, qu’il va animer pour un petit groupe. Il s’agit généralement d’enfants ou d’adolescents, mais il arrive d’avoir affaire à des groupes d’adultes, de personnes âgées ou encore de personnes handicapées. Ce type d’activités vise à apporter aux enfants des loisirs éducatifs en complément de l’école, et repose sur un principe d’horizontalité qui met l’animateur et les enfants au même niveau, si bien que les enfants peuvent proposer des activités et être entendus par l’animateur s’ils ont des idées qu’ils souhaitent partager. Tout le monde est sur un pied d’égalité et cela permet d’avoir une relation privilégiée avec les enfants.

 

P : Comment expliques-tu que ton intérêt pour cette filière se soit révélé aussi tardivement ?

C : J’ignorais complètement l’existence de ce diplôme jusqu’ici. Lors des séances d’information organisées par mon lycée, il n’a jamais été évoqué ; l’école s’est surtout focalisée sur trois filières : facs, prépas et écoles de commerce. Je trouve dommage qu’ils n’aient pas jugé bon de présenter d’autres filières, peut-être moins populaires mais qui auraient pu inspirer certains élèves, moi y compris.

 

 

P : Avec du recul, aurais-tu préféré faire certaines choses différemment ?

C : Non. C’est vrai que j’ai perdu du temps, mais ces filières m’ont apporté des connaissances : j’ai acquis une certaine culture générale, certes peu utile dans les études que j’envisage aujourd’hui mais enrichissante à titre personnel.

 

P : Que conseillerais-tu aux étudiants qui hésitent quant à leur choix d’études supérieures ?

C : Si une filière vous attire, il faut tenter le coup ! Au mieux, ça vous plaît et vous vous épanouissez dans vos études ; au pire, ça ne vous plaît pas et vous essayez autre chose. Il m’aura fallu trois tentatives pour trouver ma voie, mais au final je l’ai trouvée. De plus, je n’ai aucun regret quant à mes premières tentatives, même si elles se sont révélées infructueuses. Alors pour moi, il faut envisager la réorientation, essayer plusieurs voies, jusqu’à trouver celle qui vous convienne !

 

Coralie insiste : quand on sait ce qu’on veut, il faut essayer. Mais encore faut-il savoir ce qu’on veut. Certains ont une vocation : pour Léa, c’était médecine, et pour Andréa, l’art. Si Léa a pu la tenter, même si ça n’a pas fonctionné, Andréa n’a pas pu et a dû trouver une alternative qui convenait à ce qu’elle souhaitait. Leur point commun : elles ont toutes deux suivi leurs envies, ont goûté aux enjeux de la réorientation, et aucune ne le regrette ! Cela peut néanmoins être difficile quand on ne sait pas encore ce qu’on veut faire ; mais pour trouver sa voie, beaucoup d’outils existent. Nous en détaillons un certain nombre dans notre article « Comment trouver sa voie », et nous vous mettons en garde contre les erreurs les plus communes chez les jeunes étudiants dans notre article sur les erreurs d’orientation. Nous espérons que tous ces conseils vous aideront à trouver votre voie !

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