La fuite des cerveaux : une tendance de fin d’études

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PRISMO - la fuite des cerveaux et le retour aux sources

[BLOG PRISMO – Article #06]
La fuite des cerveaux

PRISMO - la fuite des cerveaux des jeunes diplômés

La fuite des cerveaux est un phénomène de plus en plus courant dans notre société actuelle. On le définit comme « l’immigration des neurones » et désigne ces talents qui vont quitter leur pays et région d’origine pour travailler à l’étranger. Cette mobilité internationale existe depuis longtemps, mais cette tendance touche de plus en plus les jeunes diplômés. Ces acteurs qui jouent un rôle clé dans la production de richesses, en matière d’innovation et de croissance, vont donc quitter le territoire.

Chiffres clés : 1 diplômé de grandes écoles sur 5 décroche son premier emploi à l’étranger

Les motivations qui encouragent la fuite des cerveaux

La mondialisation

La mondialisation est un facteur clé de l’ouverture des frontières et donc de la mobilité des jeunes diplômés. En effet, cette ouverture internationale de l’économie a engendré une accélération importante des transferts, tant au niveau des échanges que des travailleurs.

Les pays sont conscients de ce phénomène de plus en plus populaire. Nombre d’entre eux n’hésitent plus à attirer ces « high-skilled workers », travailleurs hautement qualifiés, à venir travailler chez eux. De ce fait, certains territoires connaissent un grand succès et attirent de nombreux talents étrangers, comme Singapour, élue la destination préférée des expatriés.

Les jeunes générations ne sont donc plus contraintes de rester dans leur pays pour travailler. Leur « terrain de jeux » s’est étendu à l’international, et vivre en France pour entamer sa vie professionnelle est devenu une possibilité et non une obligation.

Aujourd’hui, le marché est dynamique et les jeunes travailleurs peuvent évoluer rapidement à la fois dans leur carrière et au niveau de leur rémunération puisque l’étranger offre parfois de meilleures possibilités d’emplois. De plus, travailler à l’étranger résulte parfois du choix du lieu le plus propice à la conduite de travaux. L’environnement international encourage vivement les collaborations avec d’autres professionnels du monde entier, ce qui va impacter de manière significative leur carrière.

Partir à l’étranger pour travailler n’est donc plus un mythe mais une opportunité bien réelle.

PRISMO - fuite des cerveaux pour découvrir le monde

Une envie bien réelle de découvrir le monde (crédit : Porapak Apichodilok)

Volontés personnelles

Quitter la France résulte bien souvent d’une envie d’aller voir ailleurs. A la fin de leurs études et leurs diplômes en poche, les jeunes professionnels aspirent parfois à démarrer une nouvelle vie, ayant comme certitude que tout est possible. Ils désirent découvrir le monde, de nouveaux modes de vie ainsi que d’autres cultures, qui sont parfois très différentes de la leur.

De plus, la mentalité française vis-à-vis du travail constitue un autre facteur de départ. Nombre de jeunes professionnels ne se voient pas confier assez de responsabilités et constatent une réelle absence de délégation des tâches. Les nouveaux diplômés pensent qu’ils auront du mal à faire bouger les choses et de ce fait, souhaitent évoluer ailleurs. A cela il faut ajouter le manque de confiance envers les jeunes. Les entreprises doutent généralement de leurs capacités, souvent dû à leur manque d’expérience. Ce manque de valorisation et une rémunération souvent trop basse les encouragent vivement à quitter le territoire. Les jeunes professionnels estiment donc que leur travail sera davantage valorisé ailleurs et partent avec l’espoir d’une meilleure considération.

Les jeunes générations aspirent également à de meilleures conditions de vie. Avoir de plus grandes possibilités d’emplois et de carrières, un accès aux technologies de pointes et de recherches plus accessible, et une rémunération plus avantageuse  : autant d’éléments qui les poussent à se tourner vers d’autres pays.

La fuite des cerveaux : un besoin d’expériences et de découverte

L’accélération de la fuite des cerveaux des jeunes talents effraie l’économie française. En effet, ce départ pourrait engendrer une perte de compétences, qui constituerait un obstacle au processus d’accumulation de compétences et donc un frein au développement.

On reproche souvent aux jeunes professionnels de fuir leur pays pour l’étranger. Pourtant, la majorité d’entre eux partent pour acquérir l’expérience dont ils ont besoin pour avancer dans leur carrière. Cumuler des compétences personnelles est un véritable atout auprès des entreprises.

De plus, ces nouvelles générations sont nées dans ce contexte de mondialisation et d’ouverture sur le monde. Il paraît donc légitime pour eux de s’y intéresser et de partir pour le découvrir. Il ne faut donc pas les blâmer mais bien se réjouir de cette nouvelle mobilité des jeunes. Lorsque l’on parle de fuite des cerveaux, on pense souvent que c’est définitif. Pourtant pour beaucoup d’entre eux, ce n’est souvent que le temps de quelques années. Dans la plupart des cas, l’expatriation n’est pas envisagée comme définitive et nombre d’entre eux souhaitent revenir en France pour y travailler ensuite.

Le retour aux sources

Les expatriés rentrent généralement après cinq années passées à l’étranger. De nombreux facteurs expliquent ce retour aux sources.

Tout d’abord, certains jeunes diplômés souhaitent revenir pour des raisons familiales et amicales. En effet, le manque des proches et de leur vie d’avant joue un rôle essentiel à ce retour. Après quelques années à l’étranger loin de leurs repères, il est parfois difficile de lutter contre le manque. Dans la majeure partie du temps, les départs à l’étranger se font seul, et la solitude impacte de manière significative ces générations.

De plus, il arrive que les jeunes travailleurs rentrent chez eux après des constats explicites: travailler à l’étranger n’est pas forcément ce qui leur convient et l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs. Les conditions de vie et de travail à l’étranger sont parfois surestimées au moment du départ, et la déception pousse certains à revenir. Beaucoup de jeunes diplômés partent avec la certitude que partir est la meilleure solution. Au bout de quelques années, certains réalisent que leur pays offre les même possibilités d’emploi, voire meilleures dans certains cas.

A cela il faut ajouter l’aspect culturel. La culture de son pays et de sa région d’origine est un élément dont l’impact est souvent minimisé. Pourtant, c’est un facteur important qui influe beaucoup sur les individus. Les nouvelles générations sont généralement très attachées à la région dans laquelle elles ont grandi. Elles sont soucieuses de ses valeurs et de son histoire. Après des années passées loin de cette culture qui est la leur, le besoin de retrouver ses racines, ses traditions et ses spécificités, est ressenti.

PRISMO - la fuite des cerveaux et le retour aux sources

Rentrer pour combler le manque (crédit : Kasuma-Pexels)

Sources :

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