Les enjeux du marché du travail face à l’arrivée des nouvelles générations

L'équipe PRISMOEconomie et société, Quête de sens et bien-êtreLeave a Comment

L’ARRIVÉE DES NOUVELLES GÉNÉRATIONS SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL

L’entrée dans la vie active est la concrétisation de l’ensemble des années d’études et de formations. En effet, l’accès à l’emploi est une étape clé qui sépare l’enfance de l’âge adulte et symbolise le début d’une nouvelle période de la vie d’un individu. Ce passage peut être source d’enthousiasme pour certains comme synonyme d’anxiété pour d’autres. L’entrée sur le marché du travail n’est pas anodin, et un temps d’adaptation est nécessaire. En effet, commencer à travailler, c’est changer de manière significative son environnement, et passer des bancs de l’université et des écoles au grand bain du marché de l’emploi. Commencer à gagner sa vie contribue à l’élaboration de projets et de plans pour l’avenir, favorise la formation d’un couple et d’une famille, et débloque ainsi l’accès au logement et aux crédits.

Chiffres clés : Pour 86% des jeunes, réussir sa vie professionnelle est un objectif essentiel dans la vie.

 

DES JEUNES PRÊTS A EN DECOUDRE AVEC LE MARCHÉ DU TRAVAIL

Depuis quelques années, on constate une massification universitaire. En effet, de plus en plus de jeunes désirent suivre un cursus en vue d’avoir, in fine, un travail. Celle forte demande de formation s’explique par une réelle envie des étudiants d’acquérir des compétences et de l’expertise dans un domaine, en vue en de futurs jobs

Les jeunes montrent un réel souci de travailler, d’apprendre et d’évoluer dans leur vie professionnelle. Cumuler des expériences, monter en compétences, ou encore évoluer au sein de son entreprise : telles sont les aspirations des jeunes qui rentrent sur le marché du travail. Avoir des responsabilités et la confiance des autres contribue au développement de l’estime de soi et le développement personnel. Ces nouvelles générations arrivent avec d’autres attentes et la considération « ancienne » du travail seule n’a plus lieu d’être. Il s’agit désormais d’évoluer, de s’épanouir, et de comprendre pourquoi on s’investit dans une vie professionnelle. Avoir un travail ne représente plus seulement une simple sécurité mais bien un moyen de mûrir, de gagner en confiance et de se développer personnellement. Le travail est donc important pour les jeunes, puisque c’est une valeur centrale de la société.

Avoir un travail est aussi synonyme d’indépendance. En effet, recevoir ses premiers salaires permet aux jeunes de se débrouiller par eux-mêmes, de gérer leurs revenus et leurs dépenses. Commencer à travailler génère également un sentiment d’utilité et d’accomplissement personnel. Travailler, c’est en quelque sorte participer activement à l’effort économique. Cela permet aussi de trouver sa place dans la société, trouver une sorte de rôle dans le processus économique. A la différence des études, le jeune travailleur va pouvoir réaliser l’impact de son travail sur l’économie de sa famille, de son entreprise, de sa région voire de son pays.

LA RÉALITÉ DU MARCHÉ DU TRAVAIL DIFFÉRENTE DES ATTENTES DES ÉTUDIANTS

Etat du marché du travail et freins à l’emploi des jeunes diplômés

Les conséquences de la crise et l’important chômage de masse ne facilitent pas l’insertion des jeunes. Certaines filières sont surbookées et les étudiants ont plus ou moins le même parcours universitaire. Ils sont donc noyés dans la masse et ont du mal à se démarquer. La demande que représente ces jeunes diplômés en recherche d’emploi est supérieure à l’offre des entreprises, ce qui ne facilite pas les processus de recrutement (cf article RH). Le manque d’expériences des jeunes constitue l’un des freins lors de l’entretien. Se faire une place sur le marché du travail n’est donc pas chose facile.

On souligne aussi une méfiance des entreprises envers les jeunes. Les nouveaux travailleurs ont rarement de vastes responsabilités, et il y a peu de délégation des tâches. Les entreprises sont parfois méfiantes car elles ont aussi le choix de l’être : elles peuvent être très exigeantes au vu du choix de jeunes diplômés qui désespèrent à faire leurs premières expériences. Cette défiance du marché se traduit également par la mise en place de plus en plus régulière de contrats précaires, l’enchaînement de CDD, et des périodes d’essais de plus en plus longues.

Une mauvaise adéquation entre l’offre des entreprises et les attentes des jeunes

Avec l’arrivée des nouvelles générations sur le marché du travail, on constate une évolution significative des attentes des candidats. En effet, les étudiants sont capables et désirent cumuler plusieurs tâches professionnelles. Pourtant, le marché du travail manque d’agilité et de réactivité face à l’arrivée de ces jeunes plus flexibles. Les emplois sont souvent de longues durées avec des tâches prédéfinies, ce qui laisse peu de place à l’agilité pourtant centrale dans la vie quotidienne des jeunes générations.

De plus, les établissements supérieurs ne permettent pas aux étudiants de monter en compétences concernant une certaine partie des aptitudes attendues sur le marché du travail, notamment en terme d’autonomie, de prise d’initiatives et de capacité à innover. Pourtant, ces qualités sont celles recherchées par les recruteurs et permettent souvent de faire la différence. Les établissements inculquent tout de même les notions d’autonomie, de travail d’équipe ou encore de rigueur, et ces qualités ne sont pas négligeables.

Les jeunes en quête de sens au travail

Les jeunes ne veulent plus exercer un métier qui n’a pas de sens pour eux. Il ont besoin d’être épanouis et de se sentir bien au travail. 32% des jeunes déclarent pouvoir quitter leur travail du jour au lendemain « facilement » s’ils n’étaient pas satisfaits. Ces nouvelles générations aspirent à une ambiance de travail agréable, exercer un métier utile et intéressant. Leur désir d’indépendance est plus important que la sécurité de l’emploi et ils sont prêts à vivre avec moins pour s’épanouir à la fois dans leur vie professionnelle et privée. Ils recherchent donc l’équilibre entre leur développement professionnel et l’épanouissement personnel, qui devient une considération incontournable dans l’organisation du travail contemporaine. Ces générations ne voient plus le travail uniquement comme une contrainte, mais bien comme un moyen de grandir tout étant synonyme de performance.

Le marché du travail tel qu’il est aujourd’hui ne permet pas encore de répondre à ces attentes de ces générations, qui possèdent une autre vision du travail.

 

LES ENJEUX DE L’INTÉGRATION DES JEUNES DIPLÔMÉS AU MARCHÉ DU TRAVAIL

Réforme et évolution de l’enseignement supérieur

Pour une meilleure insertion, les établissements supérieurs jouent un rôle primordial. En effet, il y a, derrière l’enseignement, un enjeux important qui est un accompagnement approfondi des élèves. Ce suivi faciliterai une meilleure orientation des jeunes pendant leur cursus. Les élèves pourront être guidés, et gagneront en confiance pour appréhender le monde du travail. Il y a également des challenges liés à l’apprentissage à prendre en compte, dans la mesure où la pratique est la clé de l’insertion professionnelle. Privilégier les cas pratiques plutôt que la théorie pourra amener les étudiants à avoir un regard plus critique sur leur travail. De plus, les entreprises, associations et collectivités ont une  rôle de premier plan dans le choix des contenus et formations. Les étudiants apprendront et pourront mettre en pratique les compétences recherchées sur le marché du travail, ce qui facilitera de manière significative leur employabilité.

PRISMO - marché du travail pratique

Favoriser la pratique plutôt que la théorie (crédit : startupstockphotos.com)

L’insertion sur le marché du travail par l’embauche

Intégrer les jeunes dans le circuit économique passe aussi par l’embauche. Les recruteurs et les entreprises ont un rôle majeur à jouer dans cette insertion en retrouvant une certaine confiance envers les jeunes.

En effet, les jeunes diplômés sont l’avenir et représentent les travailleurs de demain. Ils sont dynamiques et plein d’entrain, et souhaitent démarrer leur carrière professionnelle. Même s’ils n’ont pas énormément d’expériences, ils disposent de nombreuses compétences, qui deviendront par la suite indispensables pour les entreprises et la société elle-même. Ces habiletés vont révolutionner le monde du travail de demain. Un renouvellement des générations engendrerait un rajeunissement des actifs et ainsi conduirait à un regain d’innovation pour les entreprises.

 

Sources :

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