[Orientation] Épisode 02 : Les erreurs à éviter

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[BLOG PRISMO – Dossier Orientation • Épisode #02]
Les erreurs à éviter

 

Trouver sa voie à 18 ans est un challenge souvent difficile à relever pour les lycéens, qui ont le sentiment que ce choix aura un impact fatidique sur leur avenir et peuvent ainsi ressentir une forte pression peser sur leurs épaules. Cela risque cependant de nuire à leur prise de décision et ainsi aboutir à des erreurs d’orientation : une étude menée par tonavenir.net, site spécialisé dans l’orientation scolaire, révèle que 80% des étudiants ne sont pas satisfaits de la voie qu’ils ont choisie aujourd’hui. Concernant uniquement la fac, selon une étude du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, 22% des étudiants quittent l’université après leur première année : 6% abandonnent totalement les études supérieures tandis que les 16% restants se réorientent.

>>> Comment expliquer un tel taux de déception parmi les étudiants ? Nous avons rencontré 10 étudiantes qui se sont réorientées ou s’apprêtent à le faire afin de mieux comprendre la situation et tirer des leçons de leurs expériences et erreurs passées.

 

Les erreurs récurrentes à la sortie du lycée

Si 7 étudiantes sur les 10 interrogées ont choisi leur voie par goût, la plupart s’accordent cependant à dire qu’elles se sont lancées sans vraiment savoir ce qui les attendait en termes d’études, de débouchés ou de valeur des diplômes. Les autres ont choisi leur filière en fonction de leurs facilités ou de leurs difficultés, et des aspects pratiques de l’école tels que sa situation géographique ou son prix, plutôt que de sa valeur en termes d’études proposées. Ces choix reflètent un manque d’information quant aux filières possibles après leur bac, aux métiers susceptibles de leur plaire, à toutes les possibilités qui s’offrent à elles après le lycée… Beaucoup de lycéens font ainsi un saut dans l’inconnu quand ils entament leurs études supérieures.

Crédit : Joe Beck (Unsplash)

Une autre situation plutôt répandue est celle qu’a connue Angeline : la pression parentale. Elle qui souhaitait faire des études d’arts s’est résolue à suivre des études de langues pour satisfaire ses parents. Beaucoup d’étudiants subissent et cèdent aussi à la pression scolaire – des professeurs qui les poussent dans une direction plutôt que dans celle qu’ils souhaitaient, et/ou sociale– le jugement porté sur certaines études, allant de pair avec certains clichés, peut facilement nous inciter à choisir des études plus reconnues et mieux perçues par notre entourage que celles qui seraient vraiment susceptibles de nous plaire.

 

Quelles sont les conséquences de ces erreurs d’orientation ?

Après avoir fait un choix par dépit ou sans vraiment savoir dans quoi elles s’engageaient, les 10 étudiantes en sont arrivées au même résultat : des études ennuyeuses, inintéressantes, décevantes, déplaisantes, et aucune volonté de poursuivre dans la voie choisie. Elles ne voyaient pas de réel intérêt à leurs études ni aux débouchés qui suivaient. Finalement, ni les études, ni parfois le système d’éducation pour lequel elles avaient opté, ne convenaient à leur profil.

Crédit : Tim Gouw (Unsplash)

Persister dans cette situation peut représenter un risque : si certains s’en contentent, voire finissent par se réjouir d’avoir poursuivi leurs études dans la voie initiale, d’autres n’en sont pas satisfaits et leur moral s’en trouve affecté. Ils ne sont pas heureux dans leurs études, puis dans leur travail, et finissent par affronter des situations de bore-out ou de burn-out, voire des deux en même temps : ils s’ennuient dans ce qu’ils font d’une part, et d’autre part, ne se sentent plus à la hauteur de leur travail et s’en désinvestissent complètement. Ce n’est évidemment pas une conséquence inévitable si l’on reste dans des études que l’on n’aime pas spécialement ; mais cela reste tout de même un danger à prendre en compte quand on suit ses études et qu’on ne se sent pas heureux dans ce qu’on fait. Si vous pensez que le travail auquel vous vous destinez vous apportera aussi peu de satisfaction, alors il est important d’envisager la réorientation comme solution possible au problème.

C’est le choix qu’ont fait les 10 étudiantes interrogées : elles ont pris différentes mesures, que nous détaillons dans notre article expliquant « Comment trouver sa voie », pour se forger un nouvel avenir qui leur inspire de la satisfaction plutôt que de l’ennui.

 

Comment éviter ces erreurs ?

Pour Angeline, il faut être capable de faire la différence entre ce qu’on veut faire, et ce que nos parents ou professeurs veulent que l’on fasse, afin de ne pas se laisser influencer. En effet, il arrive que certains membres de notre entourage pensent savoir ce qui nous correspond, alors qu’on est souvent les mieux placés pour savoir ce qui nous convient et surtout, ce qui ne nous convient pas.

Ne vous laissez pas non plus influencer par la société et l’image associée à certaines filières, perçues comme moins “prestigieuses” que d’autres ; Léa parle notamment des études courtes et professionnalisantes, qui pourtant peuvent bien mieux vous correspondre que des études plus longues et plus reconnues, si vous souhaitez acquérir des compétences techniques et commencer à travailler rapidement.

Pour Faten, il faut surtout s’y prendre tôt. C’est aussi ce qu’appuie Marion en conseillant de consacrer du temps à ses recherches. Se poser la question de ce qu’on aime faire et analyser ses activités extrascolaires, ses jobs étudiants ou ses projets sont par ailleurs une bonne façon de commencer son travail de recherche selon Adèle.

Marion met tout de même en garde les étudiants contre les dangers d’une prise de décision trop rapide : elle encourage à voir sur le long terme, et à se poser la question de ce que ses études peuvent apporter en termes de débouchés, avant de partir trop vite à cause d’une déception passagère.

Laetitia rappelle enfin que le choix final vous appartient et que, si tous ces conseils seront probablement très enrichissants pour vous, il n’en reste pas moins essentiel de savoir prendre du recul car chaque profil est différent. Ce qui plaît à quelqu’un ne vous plaira pas forcément à vous, ce qui est facile pour une personne ne le sera pas forcément pour vous, et inversement. Ces conseils ne s’appliqueront pas forcément à votre cas, donc pensez bien à porter un regard critique sur ces conseils et à conserver une certaine distance.

Crédit : Alejandro Escamilla (Unsplash)

Choisir sa voie reste un choix difficile et peut être source de pression et parfois à terme d’erreurs d’orientation. Pourtant, il est important de prendre conscience que ce choix n’est pas décisif, encore moins irréversible : comme vous l’aurez compris à la lecture des témoignages des étudiantes, la réorientation est possible à tout âge et dans toute filière, et elle est souvent très bénéfique. Pensez donc à relâcher la pression et à vous lancer dans ce qui vous attire, non sans réfléchir aux écoles, aux filières, aux débouchés (jetez un œil à notre article sur « Comment trouver sa voie » si nécessaire).

L’idéal néanmoins consisterait en une aide accrue des écoles en termes d’accompagnement : des journées d’orientation qui réuniraient professionnels, professeurs et étudiants d’écoles supérieures dans tous les lycées pour simplifier la recherche d’informations des élèves pourraient être envisagées. Quant aux écoles supérieures, elles pourraient créer davantage de partenariats et de passerelles entre elles pour faciliter la réorientation de leurs étudiants. Enfin, en termes de conseil, certains professeurs pourraient être formés pour répondre aux interrogations des élèves en proie au doute. Les écoles pourraient également employer des conseillers d’orientation qui suivraient les élèves sur plusieurs années afin de leur offrir un accompagnement personnalisé qui évoluerait avec eux.

 

Pour aller plus loin :

 

Sources :

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