La procrastination : « Demain, je commence… »

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PRISMO - s'accorder des pauses, retrouver l'enthousiasme lors d'une journée de procrastination

[BLOG PRISMO – Article #05]
Procrastination : le plaisir coupable

 

PRISMO photo procrastination "plus tard"

La procrastination fait partie intégrante de notre quotidien. Ce n’est pas une maladie mais bien un comportement. En effet, on le définit comme une tendance à remettre une action au lendemain.

C’est privilégier le plaisir immédiat plutôt que de se soumettre aux contraintes : se concentrer sur une action plus agréable à faire, au lieu de se lancer dans une tâche qui paraît trop complexe et insurmontable. Le fait de retarder intentionnellement l’accomplissement d’une tâche est en quelque sorte une façon de se désengager du projet dans la mesure où celui-ci paraît insurmontable.

Nous avons tendance à procrastiner pour tout : que ce soit pour des tâches administratives, des rendus professionnels voire même pour des tâches ménagères.

 

>>> Chiffres clés : 50% des étudiants et 30% de la population adulte sont touchés par la procrastination.

Ce qui nous pousse à la procrastination

De nouvelles distractions

L’arrivée des nouvelles technologies constitue l’un des facteurs qui encourage la procrastination. En effet, dans un monde hyper connecté, l’internaute est en permanence interpellé par ces outils numériques, source de distraction.

Selon une étude, les français passeraient en moyenne plus de 4h par jour sur internet. Pourtant ce temps passé à surfer sur internet pourrait être exploité pour des tâches plus urgentes et plus constructives pour ces mobinautes, qui vont alors se détourner de la tâche initialement prévue. Qui n’a jamais préférer surfer sur le net, plutôt que de travailler !

Une masse de travail jugée trop conséquente

Remettre au lendemain provient aussi d’une réaction de rejet. Parfois, il y a une volonté de se lancer dans la tâche en question, mais qui laisse aussitôt place à un recul face à la complexité et à l’immensité du projet. La masse d’effort à fournir est souvent surestimée et l’individu va se convaincre qu’il n’est pas à la hauteur, il va donc se décourager et la fuir en la remettant à plus tard.

La peur du jugement

Accomplir une tâche demande un investissement personnel important et il y a souvent une sorte de « jugement » du travail fourni. L’obstacle provient donc de la peur du regard négatif sur ce qui a été réalisé. Dans un monde de plus en plus exigeant où l’on attend toujours plus, le choix de ne rien faire résulte de la peur de l’échec. Se sentir incapable de réaliser la tâche provient d’un manque d’estime de soi. La dévalorisation pousse l’individu à penser qu’il est incapable d’affronter l’obstacle qui est devant lui.

La paresse

Evidemment, la notion de paresse rentre aussi en jeu. On ne peut pas le nier : c’est naturel de préférer passer un moment agréable plutôt que de se soumettre à une action forcée.

Ce dilemme est présent au quotidien : terminer sa thèse ou boire un verre avec des amis ? S’occuper des papiers administratifs ou regarder un film ? Face à une obligation, faire autre chose est d’autant plus agréable, car procure un sentiment de plaisir immédiat.

Manque d’organisation / mauvaise gestion du temps

Reporter à demain est aussi influencé par un manque d’organisation ainsi qu’à une mauvaise gestion du temps. Le fait d’être débordé et submergé par les événements pousse à reporter certaines tâches jugées secondaires. Cette tendance de dé-priorisation résulte d’une tâche jugée annexe et qui peut être reportée à plus tard.

 

Les répercussions de la procrastination sur notre état

Stress et anxiété : cercle vicieux

On pourrait penser que repousser l’échéance permet de supprimer l’anxiété. Or, l’individu est conscient qu’il devra s’y confronter plus tard, et ne va cesser d’y penser, ce qui va automatiquement générer du stress. Au moment fatidique où le travail doit être réalisé, le stress revient et le domine.

En résumé, on peut penser que procrastiner permet de supprimer l’anxiété. Reporter à plus tard ne diminue donc en aucun cas le stress mais le prolonge et l’intensifie.

Pour illustrer, voici l’exemple sur une journée :

PRISMO - Schéma variation stress et plaisir journée procrastination

Schéma de l’évolution inversée du stress et du plaisir lors d’une journée de procrastination

  • Au réveil, l’individu va réaliser en panique qu’il doit effectuer une tâche obligatoire pour le lendemain. Il se dit qu’il se laisse du temps et qu’il l’effectuera dans la matinée : son stress va donc diminuer et le plaisir augmenter.
  • En milieu de journée, il réalise qu’il n’a toujours pas accompli la contrainte et reporte son exécution à plus tard dans la soirée: son stress va donc re-diminuer et le plaisir augmenter.
  • En début de soirée, l’individu comprend qu’il n’a plus le choix et qu’il doit accomplir le travail demandé, il n’a plus le choix. Son plaisir va diminuer mais son stress également.
  • Il se retrouve donc en fin de soirée plus stressé et son plaisir ré-augmente petit à petit.

Cette anxiété perpétuelle va se transformer en cercle vicieux, le stress de reporter la tâche à plus tard, va engendrer la panique de ne pas l’avoir commencé et ainsi de suite.

Perte de confiance en soi

La dévalorisation est aussi l’une des conséquences de la procrastination. En effet, remettre à plus tard est une action voulue, et donc reconnue par celui qui procrastine. De ce fait, cette prise de conscience va alors engendrer une perte de confiance une vision pessimiste de soi. L’individu va alors penser qu’il n’est pas à la hauteur. Dans des cas extrêmes, cette perte de confiance peut conduire à une dépression.

Dans le milieu professionnel, la procrastination peut avoir un impact sur le travailleur. Comme nous l’avons déjà expliqué dans un article précédent, le burn-out survient par une impression de ne pas faire son travail correctement, ce qui conduit à une perte d’estime et de confiance en soi. Il se traduit également par une perte d’investissement et par une démotivation importante.

PRISMO - se sentir dépassé lors d'une journée de procrastination

Crédit : Pixabay

Sentiment d’être dépassé par le travail à fournir

Retarder ses tâches conduit généralement au sentiment d’être submergé. En raison d’une mauvaise gestion des tâches et du temps, l’individu se retrouve généralement avec plusieurs actions à réaliser à la dernière minute. Il et va se sentir dépassé par celles-ci. Il va alors paniquer, et ne va plus savoir pas où commencer.

Sentiment de culpabilité

Ce sentiment est ressenti par la majorité des procrastinateurs. En effet, laisser de coté pour plus tard est une sensation agréable. Mais ce sentiment s’efface vite pour laisser place à la culpabilité lors de la prise de conscience de la perte de temps précieux. Le regret est aussitôt ressenti.

Comment remédier à la procrastination ?

Comprendre et détecter lorsque l’on procrastine

La première chose à faire est de s’en rendre compte. En effet, une fois le comportement décelé, il est possible, avec de la volonté, de procéder différemment en effectuant la tâche au moment voulu, et non plus tard.   

Diviser la tâche à réaliser

Le plus dur est souvent de s’y mettre. Face à l’immensité de la tâche à accomplir, des excuses sont très facilement trouvées pour retarder son commencement. Pour avoir la motivation de se lancer, il est donc primordial de diviser le projet, qui paraît infaisable, en plusieurs sous-parties. D’une part, il paraîtra beaucoup plus accessible, et d’autre part cela permettra d’avoir une meilleure visibilité. Avec cette vue globale, cibler les différentes étapes qui construit le projet  sera plus accessible et de ce fait, il sera mieux appréhendé.

Planifier ses tâches en amont

L’organisation est la clé de la réussite. Savoir planifier ses tâches en amont pour dégager une vision précise du projet, et distinguer ses priorités des tâches annexes.

L’idée est de se laisser du temps pour chaque partie à traiter pour éviter de devoir tout faire au dernier moment, tout en conservant une bonne confiance en soi.

S’encourager, se récompenser, et faire des pauses

Commencer est l’étape la plus dure, une fois lancé, bien souvent la difficulté disparaît. Il faut donc trouver une motivation et se rappeler de l’importance de cette tâche. Avec de l’encouragement, il est bien plus facile de s’y mettre ! Faire des pauses est indispensable pour souffler, reprendre ses esprits pour reprendre de plus belle.

PRISMO - s'accorder des pauses, retrouver l'enthousiasme lors d'une journée de procrastination

Crédit : rawpixel.com

Travailler avec les autres

Travailler en groupe permet tout d’abord d’être plus efficace : les idées de chacun font avancer le projet et le perfectionne. De plus, être à plusieurs permet aussi de garder une motivation. Toute l’équipe a le même objectif, ce qui peut conduire à des encouragements en cas de baisse de motivation.

Mais parfois, procrastiner n’est pas si mauvais

Gain de temps et efficacité

La procrastination n’est pas forcément une mauvaise chose si elle est utilisée avec modération. En effet, certains individus sont parfois plus efficaces sous pression. Le stress de dernière minute va être bénéfique et source d’efficacité : en manque de temps, il faut cibler et être concis.

Impulsion créative

Avec le stress du dernier moment, il y peut avoir une réelle impulsion d’activité qui peut s’avérer vraiment créative. L’adrénaline due à une échéance proche va les stimuler leur permettre d’accomplir la tâche.

S’accorder du temps pour soi

En effet, dans cette société où l’instantanéité est le mot-clé, et où la rapidité est continuellement recherchée, il est parfois nécessaire de prendre son temps dans la réalisation de certaines tâches. La précipitation est parfois source d’angoisse et engendre souvent un travail incomplet et négligé. Reporter à plus tard, s’arrêter et décompresser est parfois nécessaire pour le moral de l’individu et pour la qualité du travail rendu.

 

Sources :

2 Comments on “La procrastination : « Demain, je commence… »”

  1. Pour moi qui anime une formation sur la « gestion du temps et des priorités » il s’agit là d’un bien bel article qui reprend bon nombre d’items déroulés pendant les 2 jours… Et il est vrai que cette « immédiateté » de l’information de notre époque ne peut qu’encourager cette procrastination; les contre balanciers pour les personnes adeptes s’appellent la volonté (de vouloir faire autrement et de commencer) et la persévérance (ne pas baisser les bras trop vite en adoptant la politique du « petit pas »). Juste bravo, et merci!

    1. Merci Emmanuel pour ce commentaire qui éclaire davantage les propos que nous avons tenté de résumer dans cet article. La gestion des ressources temps et énergie représente en effet un des enjeux majeurs de nos générations et de celles à venir… L’accompagnement par des professionnels tels que vous ainsi que par des outils deviennent primordiaux pour mieux anticiper / planifier à moyen terme mais aussi mieux délivrer au quotidien !
      A très vite 😉

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