[Réorientation] Épisode 03 : Le portrait d’Andréa

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[BLOG PRISMO – Dossier Réorientation • Portrait #03] Andréa : Concilier pédagogie et création

 

Après avoir interviewé dix étudiants pour la rédaction de deux articles (Orientation : comment trouver sa voie et Orientation : les erreurs à éviter), nous avons décidé de partager avec vous l’histoire de trois d’entre eux. Aujourd’hui c’est Andréa, 21 ans, qui nous explique à quelles difficultés elle a fait face après plusieurs années dans la même filière et sa décision de se réorienter.

 

PRISMO : Quel bac as-tu passé ?

Andréa : J’ai passé un bac littéraire.

 

P : Qu’as-tu fait ensuite ?

A : Après le lycée, j’ai suivi un DUT Information-Communication, mention Information Numérique dans les Organisations (INO).

 

P : Et c’est bien ce que tu voulais faire après le bac ?

A : À vrai dire non, ce que je voulais vraiment faire, c’était une école d’art. Malheureusement ni moi ni mes parents n’avions les moyens d’en assumer les frais, et contracter un prêt bancaire était exclu. Comme j’étais intéressée par le monde de la documentation et des bibliothèques, j’ai cherché des filières autour de ce domaine, et c’est comme ça que j’ai fini par trouver ce DUT.

 

P : Es-tu allée au bout de ton DUT, et qu’as-tu fait ensuite ?

A : J’ai bien terminé et obtenu mon DUT, puis je me suis inscrite en troisième année de licence Information-Communication. J’ai poursuivi dans cette voie avec un Master MEEF (Métiers de l’Enseignement, de l’Éducation et de la Formation), en prévoyant de passer le CAPES (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré) par la suite, mais aujourd’hui, bien qu’ayant toujours envie de faire un Master MEEF, j’aimerais m’orienter vers un tout autre domaine : soit la création numérique pédagogique, soit la conception de formations e-learning. J’ai candidaté aux deux, et j’ai été acceptée au second et j’attends toujours une réponse pour le premier.

 

Andréa a choisi de se réorienter pour retrouver un équilibre dans son parcours professionnel

P : D’où vient cette volonté de te réorienter ?

 

A : Le côté créatif m’a toujours manqué. Comme j’étais très investie dans mes études et que celles-ci étaient très prenantes, la création est vite passée à la trappe. Échouer au concours cette année m’a amenée à me remettre en question, à poser les choses et à remarquer que j’étais à bout de souffle et que je me sentais bridée vis-à-vis de la création. J’ai dû prendre une pause forcée à ce moment-là, lever la tête du guidon et analyser ma situation. C’est là que j’ai pris la décision d’arrêter et de me réorienter, afin d’allier pédagogie et créativité.

 

 

P : Comment as-tu trouvé les deux diplômes auxquels tu as postulé ?

A : Ce sont des formations qui m’intéressaient déjà en troisième année de licence, mais je les avais finalement laissées de côté. Quand j’ai ressenti le besoin de changer de voie, j’ai ressorti les plaquettes d’information que j’avais, je les ai relues, et j’ai décidé de tenter le coup.

 

P : Pourquoi ne pas t’être lancée tout de suite dans l’une de ces filières quand tu en as pris connaissance ?

A : Je pense que je n’étais pas assez informée à ce moment-là. De plus, j’étais un peu effrayée à l’idée de changer d’université et d’académie (les procédures sont complexes et perdre ma chambre CROUS est un risque). Et la troisième raison, c’étaient mes parents : pour eux, j’allais avoir mon concours de professeur, toucher une paye rapidement et ils n’auraient plus eu de souci à se faire pour moi. Seulement, avoir conscience de cela a été source d’une énorme pression pour moi, et ça l’est toujours d’ailleurs, même s’ils ne s’en rendent pas forcément compte.

 

P : Avec du recul, aurais-tu fait des choix différents ?

A : Non, je pense que mon parcours n’a pas été inutile et s’est montré enrichissant, sur les plans professionnel comme personnel.

 

P : Penses-tu avoir enfin trouvé ta voie ?

A : Je pense que oui. J’ai toujours quelques hésitations, surtout avec mon entourage qui continue à me faire douter. Mais je me dis que dans le pire des cas, le concours est ouvert tous les ans, donc rien ne m’empêchera de le repasser plus tard si j’en ai envie. En attendant, je souhaite apprendre d’autres choses et envisager des horizons différents.

 

P : Regrettes-tu d’avoir passé tout ce temps dans une première filière pour au final en changer ?

A : Pas du tout. Je n’ai aucun regret, j’ai énormément appris durant mes premières années en information-communication, et elles constituent un bagage qui me permettra de chercher du travail dans ce domaine-là si je ne trouve pas tout de suite un emploi dans ma nouvelle filière.

 

P : Pour conclure, quels conseils donnerais-tu à des étudiants qui cherchent à se réorienter ?

A : Je vous conseillerais tout d’abord d’en discuter avec vos proches, mais en veillant à ne pas vous laisser influencer ou décourager si certains tentent de vous en dissuader. En faisant preuve de la même prudence, vous pouvez demander conseil à un professeur ou un responsable de formation de votre école, ou encore vous rendre au pôle orientation de votre école si elle en a un. Vous pourrez ainsi sélectionner ensemble les diplômes qui pourraient vous correspondre. Une fois ce travail effectué, je vous recommande de prendre contact avec les écoles pour obtenir des renseignements supplémentaires sur le diplôme visé : les possibilités de poursuite d’études, vos chances d’être accepté en fonction de votre dossier, etc. Cela pourra de plus jouer en votre faveur : quand ils recevront votre candidature, ils sauront déjà qui vous êtes. Enfin, au vu de mon expérience personnelle, je vous dirai surtout de croire en vous et en vos choix : la personne la mieux placée pour savoir ce que vous devriez faire de votre vie, c’est vous-même.

 

 

 

À travers cet entretien, Andréa nous a rappelé qu’il n’est pas forcément impossible de concilier deux centres d’intérêt dans sa vie professionnelle, même s’ils sont très éloignés, et qu’il est bon de chercher un métier qui les allie quand on sait qu’un seul ne nous suffira pas. Elle insiste aussi sur l’importance de ne pas se laisser influencer par l’avis des autres, pour ne pas finir par vivre la vie que d’autres ont rêvé pour nous, mais qui ne nous comble pas. Alors concentrez-vous sur ce que vous aimez et faites toutes les recherches que vous pourrez, sans hésiter à contacter des professionnels susceptibles de pouvoir vous conseiller. On vous souhaite bon courage pour trouver ce qui vous correspond ! Et si vous avez apprécié cette interview, nous en avons réalisé deux autres, avec Léa et Coralie.

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